mercredi 14 septembre 2011

Québécois VERSUS Français

Et voilà l'article que tout le monde attendait, celui sur lequel tout le monde aura quelque chose à dire. En effet, de Céline Dion aux Têtes à Claques, nous autres français dans notre vieille Europe avons tous connaissance du célèbre « accent québécois ». Ne le cachons pas, nous aimons nous moquer de ce langage du « Tabernacle », et c'est avec un grand plaisir que nous les singeons, de manière plus ou moins réussie d'ailleurs. Une fois de l'autre côté de l'Atlantique, on rigole beaucoup moins. Premièrement parce qu'il est impossible de ne pas se sentir horriblement gêné quand vous ne comprenez pas votre propre langue « C't'y po comme so qu'tu d'vais l'faire lo ? », « Ah oui, bien sûr, certes... ». Intervient alors le fameux moment où, gênée, il faut systématiquement demander à la personne de répéter. Je suis également très joyeuse de voir, en écrivant cet article, qu'en plus de ne pas comprendre le québécois, il est également impossible pour moi de le transcrire phonétiquement puisque ce langage comprend des sons dont je ne soupçonnais pas l'existence. Bref, tout ça pour dire qu'il est impossible de se moquer d'eux alors qu'ils vous parlent et attendent de vous une réponse. Il était en effet nettement moins drôle, ce fameux accent, lorsqu'il sortait de la bouche de l'agent d'immigration. Le « Willy Waller 2006 » était rigolo pourtant, depuis Youtube. Ici, la donne change. Et cela est sûrement lié au fait qu'ici, NOUS avons l'accent. « Vous êtes française ? » « Oui. Pourquoi ? » « Ah j'avais reconnu, vous avez l'accent. » FAUX, game over. Certains Québécois précisent même que s'ils ont l'accent français, ils sont bien des Québécois pure souche. A priori avoir l'accent français quand on parle le français est quelque chose de honteux. Bien. C'est un peu comme l'histoire de l'oeuf ou de la poule. Selon les Québécois, ce sont eux qui ont commencé à utiliser le français comme langue officielle alors que nous ne parlions encore que des dialectes. C'est donc « nous autres » qui avons un accent, si nous nous fions à la chronologie. Face à cette impeccable maîtrise de l'histoire de la langue, que pourrais-je rétorquer ? J'ai essayé, je n'ai rien trouvé à part « Oui ben... oui mais en fait... ben... ouais... je sais pas en fait. » Comment ça ce n'est pas convaincant ?

Enfin... au delà de l'accent, il y a le vocabulaire. Toutes ces vieilles expressions un tantinet désuètes existent toujours ici, ou alors tout simplement un vocabulaire que nous n'utilisons pas. Ici, les filles ont des cheums et les cheums ont des blondes (oui oui, même si vous êtes brune). Pour connaître toutes les expressions québécoises, nous interrogeons Camille, notre comparse du cours de représentation théâtrale qui nous a fait mourir de rire lorsqu'elle nous a annoncé le plus sérieusement du monde : « Je dois rejoindre mon cheum. ». S'est enchaînée alors un échange vivace sur les expressions françaises et québécoises. Après lui avoir enseigné avec pédagogie un grand nombre d'expressions en verlan, inconnu au bataillon ici, c'est elle qui nous a mises au point sur le vocabulaire québécois. Ici, l'argent c'est du « foin », une voiture un « char », une sauce une « trempette », de la levure chimique de la « poudre magique », une bière une « broue », un savon une « débarbouillette ». Aller « aux vues », c'est aller au cinéma, « se prendre une brosse » c'est être ivre, « écrapoutir » c'est écraser quelqu'un ou quelque chose, et enfin ma préférée « se faire passer un sapin », c'est se faire avoir, se faire rouler.

Voilà ce que le Québec nous a appris pour le moment en expressions édulcorées. Nous avons bien l'intention de les utiliser le plus possible afin de nous fondre dans le décor et de bien montrer notre intégration au pays.

Ah, j'oubliais, pour parler le Québécois, vous devez également placer des mots en anglais, enfin, en américain du genre « anyway », « whatever », et tant d'autres. Et surtout, n'oubliez pas de tutoyer tout le monde. C'est important.



1 commentaire:

  1. C'est assez intéressant de constater leur attachement à l'essence de la langue française, jusqu'à en revendiquer une forme d'antériorité... Et par ailleurs intégrer dans leur discours une foultitude de mots anglais !

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