mercredi 14 septembre 2011

Faune du Mont Royal



La joie d'arriver dans un pays loin de chez soi consiste en de nouvelles découvertes de tout ordre. En effet, si j'avais aimé les vers luisants et les écureuils aux Etats-Unis, je les aime davantage ici. Ils ont déjà la chance de ne pas se faire tuer à coup de cailloux en pleine tête par mes voisins, ce qui n'est pas négligeable dans une vie d'écureuil.

A Montréal, nous vivons dans une rue particulièrement arborée, une de ces rues très pavillonnaires avec de belles maisons dont vous ne doutez pas que leurs propriétaires sont amis avec leurs banquiers. Les mini-jardins rivalisent de beauté, entre massifs floraux et statues lion façon sphinx qui garde la maison des mauvais esprits. Mais il y a une vie en dehors de ces maisons bien propres et bien rangées. En effet, nous vivons sur la montagne (oui, il y a une montagne à Montréal, le Mont Royal) et sommes à deux pas de la forêt qui le recouvre. C'est donc avec joie que nous côtoyons nos amis les écureuils. Ces derniers, agiles, se baladent de branche en branche, font les funambules sur les fils électriques et croquent à pleine dents dans les glands qu'ils dénichent. Ils n'ont qu'à moitié peur des humains puisqu'ils élisent domicile dans les arbres qui protègent les maisons. Petite anecdote, Claire et moi avons eu la joie de découvrir Angry Ecureuil, celui qui n'a peur de rien. Angry Ecureuil habite dans l'arbre le plus joli de Lacombe Avenue, et comme son nom l'indique, il n'a peur de rien. Prêt à tout pour chasser l'humain, lorsque nous nous sommes arrêtées, émerveillées par la présence d'un être potentiellement doux et câlinable, ce dernier nous a « feulé » dessus et nous a jeté des lopins de terre au nez en nous regardant fixement, sans ciller. La tension étant à son comble, nous décidâmes de capituler et de nous éloigner du domaine du maître. C'est maintenant avec prudence que nous passons devant son arbre, car à chaque fois qu'Angry Ecureuil est dans sa maison, nous devons essayer de ne pas courber l'échine face à son hérissement de queue et son regard foudroyant. Heureusement, nous avons rencontré des écureuils plus friendly au fur et à mesure de notre découverte du quartier.

En effet, par un beau dimanche, c'est avec mes deux mousquetaires du Logis, Bastien et Claire que nous avons décidé d'aller nous balader dans le coin du Lac aux Castors, dans la forêt du Mont Royal. Sur le chemin, nous coupons à travers le cimetière Côte des Neiges. C'est alors que Bastien, zoologue confirmé, a réussi à créer des liens étroits avec un écureuil qui se tenait là. La preuve en images (cf photo de l'article). Une fois arrivés au fameux lac, c'est avec déception que nous nous sommes rendus compte de l'absence de castors. Des canards, certes, mais très peu de castors. Après documentation, nous avons donc appris que ce bassin, artificiel, ne contenait pas de castors mais portait ce nom car à sa construction, on a découvert d'anciens barrages de castors.

Très déçus, nous nous en sommes retournés dans notre joli appartement, après s'être pris quelques glands mordillés sur la tête en passant devant la demeure d'Angry Ecureuil.

Comme le destin fait bien les choses et que nous avons tous un bon karma, Montréal nous a vendu du rêve animal à un moment inattendu. En effet, un soir de match universitaire de soccer opposant l'UQaM à l'UdeM, nous avons fait une rencontre. Le trajet borde une parcelle de forêt, et dans le noir, nous avons nettement distingué qu'une bête plus grosse qu'un chat mais plus petite qu'un chien sortait des fourrés pour aller se loger sous une voiture. Avec curiosité, nous nous approchons lentement de ladite voiture. C'est alors qu'avec la force brute de l'ours jaillit un raton-laveur apeuré qui se faufila littéralement entre nos jambes, provoquant les cris d'une demoiselle qui passait par là. Après ce gros coup d'adrénaline, nous rigolâmes franchement de nos aventures à la Davy Crockett. Sur le retour, mon âme sensible attachée aux bêtes à poil m'amena à jouer de mon œil de lynx afin d'essayer de retrouver ce fameux « racoon ». La chance me souriait, il était là, tapi dans l'ombre des feuillages. En l'observant davantage, nous nous rendîmes compte que c'était un raton-laveur bien nourri, enfin, de ce que nous connaissons de l'anatomie du raton, à savoir Meiko de Pocahontas. Fat Meiko, intrigué par notre présence, semblait montrer un grand intérêt pour nos sacs. Femme qui murmurait à l'oreille des ratons-laveurs, je m'accroupis afin de lui tendre la main. C'est alors, à ma grande surprise, que Fat Meiko se dandina goulûment jusqu'à moi, probablement dans l'espoir de récupérer un quelconque biscuit. La tentation d'enfoncer ma main dans son pelage si doux visuellement était presque insoutenable, mais les conseils avisés de Maxime retinrent ma main. Nous restâmes là, à contempler la bête pendant de longues minutes. Cela semblait tellement hors du commun, de voir passer là un raton-laveur, au pied de notre université. Comme quoi, Montréal est capable de nous surprendre.

J'aime la Sorbonne mais je hais ses pigeons. Je reviendrai à Montréal, juste pour les ratons-laveurs.

- Ugoline




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