lundi 16 janvier 2012

Mes parents sont venus à Montréal.



Cela fait maintenant deux mois que je vis à Montréal. L'acclimatation se fait petit à petit. Ce qui émerveillait au début est devenu un quotidien. Désormais, plus de surprise devant les petites maisons en brique rouge, de l'excitation juvénile, on passe à un simple coup d'oeil aux écureuils qui sautillent dans les arbres, on affiche un confort déconcertant face à l'accent chantant de l'habitant, bref, la vie québécoise m'a conquise, me voilà habituée au style de vie nord-américain au point d'être lassée des fast-food. Cependant, une nouvelle excitation vient bouleverser cette acclimatation au Québec : l'arrivée des parents. Finie la période où s'affranchir de ses parents est un exploit et une fierté, les années m'ont fait comprendre que ma vie est bien plus confortable quand ils sont là. Et surtout, comme si je n'étais jamais sortie de ma période « Petite Sirène », cette envie de leur faire saisir la ville, ma nouvelle vie, ce profond désir de partager avec eux mon expérience, cette fierté de leur montrer que « je suis une grande », j'ai quitté le cocon pour de vrai, je sais me débrouiller toute seule à l'étranger.

Les pages du calendrier s'égrènent (ou plutôt le widget « iCal » de mon MacBook progresse), vite vite, arrivez vacances de la Toussaint ! Enfin, on y arrive, me voilà postée sur le trottoir de mon avenue Lacombe, à guetter le visage des conducteurs qui sillonnent ma rue. Il n'y a jamais eu autant de voiture. Il est de ces minutes tellement longues qu'on croit bien que le Temps se fiche de nous. Finalement, c'est dans une Dodge Avenger gris acier de Super-Héros que les géniteurs se garent avec panache devant ma nouvelle maison. A la fois épuisés du voyage et contents d'être là, ils sortent, sourire au lèvres, yeux fatigués. Mes parents sont là, et c'est comme une erreur dans le paysage, comme un nouveau jeu de magazines pour la plage « Trouvez les 7 différences ». A ce moment, le monde me semble tout petit. Les distances n'existent plus. Mes parents me rendent visite au Québec. De nouvelles perspectives s'offrent : il s'agit de leur faire saisir Montréal, ville tentaculaire, très vite.

Et rapidement, comme si leur présence entière devenait une madeleine de Proust, on redevient enfant et on décide de profiter du fait que notre mère nous voie encore comme un bébé. On déballe les cadeaux, le corps mué par l'adrénaline. Et on planifie, on raconte, on rit, comme s'il fallait rattraper une vie entière. C'est cela en somme : une autre vie à partager.

Bref, mes parents sont venus me voir au Québec.






1 commentaire:

  1. Superbe voyage ! On y reviendrait bien pour se perdre cette fois dans les immensités naturelles. Agoraphobes s'abstenir !
    En attendant, voici ma modeste contribution :

    http://logographies.blogspot.com/

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