Les recherches multiples ont été fructueuses, nous voilà installés dans notre appartement. Nous profitons avidement de l'hospitalité québécoise qui semble être le véritable dépaysement. Hébergés gratuitement dans l'appartement par notre propriétaire jusqu'au 1er septembre, nous profitons allègrement des avantages qu'il nous offre et commençons doucement à le transformer en nid douillet pour les mois à venir. Les aléas de la vie nous ont amenés à rencontrer Bastien, notre quatrième mousquetaire, au coin d'une rue.
Notre auberge québécoise voit son propre lever de soleil, les valises et les sacs s'éparpillent, mélangeant toutes nos affaires dans un savant fatras. Etonnamment, il est presque plaisant de voir toutes ces affaires jonchant le sol, comme la promesse d'une expérience si riche qu'elle fait imploser l'ordre actuel des choses.
Nous profitons de la sagesse de Larbi, notre propriétaire, pour ne pas nous faire avoir par le coût de la vie quotidienne à Montréal et gardons de côté ses précieux conseils pour ne pas trop entamer nos économies. La colocation est avant tout un grand bordel budgétaire, se munir d'une calculatrice pour aborder cette épreuve me semble à présent indispensable. C'est sur notre futon fraîchement livré et installé au milieu de notre salon vide que nous nous décarcassons la tête entre divisions, additions, soustraction et autres opérations dont le souvenir m'est tellement brumeux que j'en confie la tâche à mon fidèle Iphone. Une fois les comptes faits, nous nous rendons compte que l'argent file entre nos doigts à une vitesse phénoménale. C'est toujours la même chanson...
Hier nous avons fait nos premières courses, nos premières pâtes à la bolognese. Autant vous dire que les Québécois ne sont pas de fins gourmets, tout fromage digne de ce nom avoisine les 8$, il en va de même pour le lait et l'huile d'olive. Par contre les rayons regorgent de gras en tout genre, impossible de trouver du bœuf ou de poulet qui ne soit conditionné sous forme de burger ou de poulet pané. Douleur calorique à l'horizon, vite vite, réfugions nous au marché à ciel ouvert qui nous offre ses couleurs rassurantes.
Les inscriptions à la fac se compliquent, tous les cours que nous avons sélectionnés ne seront pas offerts cette année. Il s'agit de se retourner alors vers les cours proposés... Littérature du Moyen-Âge et Sociocritique, un peu moyen quand on rédige un mémoire sur la poésie au XIXème... Tant pis, demain nous convaincrons le directeur du département de nous accorder sa clémence et de nous permettre d'intégrer le cours de Culture et Littérature québécoise. Mme Christiane Aubin et son accent chantant (elle a « trop de souplesse dans les joues ») nous a souhaité la bienvenue, tout est possible ici.
A raison de quatre fois trois heures de cours par ici, nous aurons n emploi du temps plus que raisonnable qui nous laissera le temps de profiter de notre expérience. Sans oublier que nous avons un mémoire à écrire. Ne pas oublier que je suis venue pour Nelligan et que ce dernier m'attend. Ne pas oublier qu'il y a une vie en France après le Québec. Ne pas oublier que c'est ma dernière année d'étude avant d'attaquer les choses sérieuses. Ne pas oublier qu'au retour, tout sera différent.
Et pour se mettre dans l'ambiance :
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